L’Ougas Hassan Hersi et le désavoeu de l’hégémonisme Issa.

Au délà des problèmes rencontrés avec les afars sur lesquels nous reviendront, le lourd défi à Hassan Gouled a été posé par Idriss Farah Habaneh au nom du séparatisme Issa. A la différence de Hassan Gouled qui s’est positioné au centre et de Mahamoud Harbi qui a fait peau neuf en rejettant le clanismes qu’il avait défendu et avait rallié le nationalisme somali, Idriss Farah Habaneh est resté fidèle à lui même. Il construire à Djibouti une Nation Afare et Issa dont le principe de citoyennété est le droit du sang et dont les membres des autres clans somalis en seraient exclu. Sa mouvance politique est presque inexistante à Djibouti, elle a été dominante dans la région de Ali Sabieh jusqu’à la fin des années soixante et mais elle est depuis en voie de déclin, Idriss Farah Habaneh n’a ayant pas réussi à capter l’adhésion des Adhi Jabeen.Il voit donc en cette manne inespérée de nomades déplacés l’occasion de grossir le rang de ses troupes et d’asseoir sur Djibouti son pouvoir. Dans cette ambition Idriss Farah Habaneh ne manque pas de ressources: il est Fourlaba comme bon nombre de ces réfugiés et son appel au favoritisme clannique séduit décidement des nomades désorientés. Idriss Farah Habaneh se décide dès la fin de l’année 1977
à une confrontation frontale avec Hassan Gouled. L’homme de Guérissa exquive puis réagit en nommant Idriss Farah Habaneh à la tête d’un superministère de l’intérieure, des potes et des télécommunications. L
au ministère de l’intérieure 

Idriss Farah Habaneh se décide dès la fin de l’année 1977 à une confrontation frontale avec Hassan Gouled. L’homme de Guérissa exquive puis réagit en nommant Idriss Farah Habaneh à la tête d’un superministère de l’intérieure, des potes et des télécommunications. Le but du jeu est d’en faire un contrepoids utile à Ahmed Dini et à ses amis déjà nostalgiques de l’ère Ali Aref et dans ces années troubles où le Nord du pays de Hor Angar à Balho et en passant par Randa et Assagueila se révèle un dangereux coupe-gorge pour les hommes de l’AND de lui permettre d’asseoir son leadership.Et dans cette tâche Idriss Habaneh excèle au délà de toute attente. Homme à poigne, il rétablit l’autorité de l’Etat au Nord du pays et barre la route au MLP, puis il organise l’intégration de ces réfugiés au fur et à mesure que les moyens du nouvel Etat en pleine expansion le permette. Mais bientôt son approche unilatéraliste suscite un sentiment de rejet chez beaucoup de Djiboutien. En Juin 1981 lorsque Hassan Gouled évoque dans un discours au stade une Nation Djiboutienne ouverte et dont la vertu et le principe de l’intégration républicaine, Idriss Farah Habaneh corrige et rappelle que  » Dhulka wa loo dhasha ee laguma dhashoo : Djibouti n’est pas une terre d’immigration et que pour être djiboutien, il est faut en être originaire » et il précise sa vision en ajoutant  » qu’après Dieu, la terre appartient aux Afars et aus Issas ». On était bien loin de la réthorique Goulédienne et le conflit politique semblait inévitable!

C’est dans ce contexte troublé et après un été où Hassan Gouled et son ministre se sont régulièrement affrontés au conseil des ministres sur des détails tel l’opportunité d’inviter le directeur ( Ismael Guédi) et le chef ( IOG ) du Cabinet que débarqua à la rescousse l’Ougas Hassan Hersi pour éteindre l’incendie qui couvait.

18 ème Ougas des Issas, héritiers d’une lignée royale – les Ashraf du Sultanat de l’Awdal de 36 membres, l’homme porte sur ces frêles épaules le poids de 1000 ans de civilisation islamique Somalie! Lui même est une figure incomprable au plan de l’histoire régionale. Elu en 1934, il fît le choix du nationalisme africain en soutenant contre toute attente les Ahmaras en déroute contre les hordes fascistes. Il commenta qu’entre deux impis vaut mieux celui qui ressemble. Haîlé Selassié lui en sera reconnaissant et le décorera de la plus haute médaille de résitance. Puis l’Ougas paracheva la reconquête de la vallée de Hawas où les Afars Assayamaras s’engoufrèrent après avoir évincé les gallas qui en chassèrent les Somalis quelque temps plutôt. Point de violence gratuite chez cet homme dont le visage rayonne de piété: l’Ougas a constamment exhorté les Issas le pactole de coexistance qui depuis plus d’un siècle les lient aux afars Adoyamarras.

L’Ougas victorieux a également présidé à la réouverture du Pass de Kardh Mardha squattés par des Gottis ou plus exactement des résidus de populations Borannes chassés de Borama au 17 ème. Il a été le ciment indispensable à la cohésion des Issas de Djiboutis jusqu’à la libération. Enfin, l’Ougas a enfin désenclavé les Harlas de Hawas dangeureusement assiégés par des des Afars hostiles et des Oromos Karrayou. Dès lors la continuité de peuplement du Nord de la péninsule Somalie est désormais rétablie et les Issas peuvent communiquer avec librement avec les Ogadeen et les Hawiyés. Autant dire que la majesté de Diré Dawa domine de la tête au pied cette armmée de nain qui se bat pour la maîtrise de la scène politique locale.

Pour son séjour à Djibouti, il est accompagné de son conseil de 44 sages ( 24 réprésentants des lignages Issas et 20 experts désignés pour leur mérite), tandis que sa réputaion de « Robleh faiseur de pluie » le précède d’avance. A peine arrivé à Djibouti, la ville est innondée tandis que le gouvernement lance un appel à al solidarité internationale pour reloger les sans abris vers l’actuel cité Dar El Hanan, les djiboutiens demandent qu’il s’en retourne avec sa dose de pluie…. à Diré Dawa! Mais sa majesté est là, pour remonter la bretelle à ces entrepreneurs politiques. On expose les faits, les deux partis sont entendu séparemement puis le Conseil Royal tranche. Il souligne l’universalité du Xeer pour toute communauté vivant en pays Issas et rejettent tout acte de discrimination à leur encontre. Ouf l’honneur est sauvé, sa majesté l’Ougas a dit que les liens de voisinages devaient l’emporter sur les liens de sang dans le cadre de la construction nationale djiboutienne. Si le jugement est tranché, la bénédiction elle est généreuse l’Ougas en appelle à l’ethique pour oublier cette querrelle familiale et invite tous les djiboutiens à aller de l’avant. Je remercie le camarade Arli Awdali pour les multiples compléments historiques apportés. J’approuve l’essentiel de ce qui a écrit mais je me permettrai toutefois d’élucider les circonstances particulières qui ont conduit l’Ougas des Gadaboursis à accorder sa protection aux nombreux Habars Awal vivant à Zayla.Les Habars Awal et les Issas se sont affrontés vers 1825 ( pour la date exacte consulter Burton dans une effroyable guerre civile pour le contrôle du très prometteur port de Bulhar situé en pays Issa mais convoité par les Issaqs qui en sont les principaux utilisateurs.

Après avoir pris le pétit port, les cavaliers Issaqs ont voulu poussé leur avantage jusqu’à Zayla à l’époque résidence de l’Ougas des Issas et réussirent à s’emparer de la ville en l’espace de 3 semaines. Mais au bout du compte cet impérialisme souda les Issas dans une résistance victorieuse qui aboutit à la déroute des Habars Awals et à la capture par Abdi Ali Fajajar du célèbre troupeaux de Ban Casseyeh ( plus de mille dromadaires et des dizaines de milliers de caprins et de bovins ) en l’honneur duquel il composa le poème  » Hadhow bay Dhurantaayow, Madhex joogin tidha » repris par Ali Gab dans une chanson très en vogue dans les années 1980.

La paix fut conclu entre les deux parties sous le patronnage de l’Ougas des Gadaboursis qui se porta garant du respect des intérêts de la communauté Habar Awal de Zayla. A cette époque Zayla était dirrigée par une autorité neutre à savoir un notable Gadaboursi. Selon les principes, d’une démocratie millénaire lui succéda un Issa mais les Habar Awal craignant la mise en cause des accords passés démandèrent leur maintient en tutelle et le nouveau gouverneur invita l’Ougas des Gadagoursis à venir s’établir à Zaylac comme son homologue Issa.

Pour les détails de cette histoire, il se suffit de se reporter à l’historiographie somalienne.

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